
Bertrand Ringot, un homme de projets
nordpeople.com a rencontré Bertrand Ringot, 43 ans, Maire de Gravelines et Conseiller Régional, afin qu’il nous présente son projet intercommunal du Grand Parc Paysager des Rives de l’Aa, qui s’établit sur les communes de Gravelines et de Saint Georges.
Monsieur le Maire, pouvez-vous nous en dire plus quant à ce projet ?
En fait, ce projet est relativement ancien et bien antérieur à mon élection en tant que Maire de Gravelines. C’est un « serpent de mer » dont il est question depuis près de 20 ans mais dont la conclusion a sans cesse achoppé suite à la complexité de sa mise en pratique. Conscient de la prégnance de l’édification d’une telle infrastructure, je me suis attelé à la tâche en commençant par une étude sérieuse de faisabilité qui a enfin débouché sur une réalisation concrète.
Ainsi, ce projet de parc paysager repose sur 6 thématiques correspondant à 6 objectifs, voire 6 défis. Il y a avant tout nécessité d’un objectif environnemental dans le secteur ouest de Dunkerque, très industrialisé. Il s’est donc avéré logique de concevoir une base de loisirs avec intégration paysagère. En outre, en synergie avec ce concept, il a fallu déterminer des équipements sportifs fondamentaux et complémentaires, relevant de disciplines sportives telles que, le canoë kayak, la plongée, l’aviron, la natation longue distance, la voile, la pêche, le cross country et la marche, mais encore, le VTT, ces différents sports pouvant se pratiquer de manière combinée : triathlon notamment, ou de façon plus récréative, selon une tendance de loisir familial, correspondant à une pratique démocratisée et accessible à tout un chacun.
En ce qui concerne le pôle hébergement, il est prévu de construire un parc résidentiel de loisirs comprenant un ensemble de 1000 lits répartis sur des hôtels 3*, des gîtes meublés et des hébergements pour la jeunesse.
A terme, nous pourrons ainsi accueillir des évènements sportifs régionaux, nationaux ou internationaux dans les 8 disciplines précédemment décrites, avec des retombées économiques non négligeables liées à ces évènements sportifs majeurs, notamment dans le cadre des J.O. 2012 de Londres.
La Région va donc pouvoir recevoir des équipes en provenance du monde entier, qui pourront s’entraîner dans une perspective de parfaite acclimatation au régime de l’Europe du Nord-Ouest.
Dans une perspective élargie, les équipements vont pouvoir structurer l’offre sportive régionale.
Vous vous devez d’être prêts pour 2012 ou serez-vous prêts avant ?
L’idée, c’est que le stade nautique olympique soit prêt un an avant les jeux de Londres, soit en 2011, de manière à ce que les équipes étrangères puissent venir s’entraîner. Bien sûr, on ne réalise pas ce complexe uniquement pour les J.O., mais tant qu’à faire, anticipons et utilisons le levier médiatique des J.O.
Que va-t-il se passer sur le plan sportif et plus spécifiquement en ce qui concerne l’aviron, puisque nous avons connaissance que vous êtes un ancien champion d’aviron et que cette discipline vous tient toujours à coeur…
J’ai été effectivement en équipe de France junior en 1984 et espoir en 1986 ; j’ai gagné 3 titres en 88, 91, 92.
J’ai pratiqué l’aviron de l’âge de 13 ans à l’âge de 30 ans, ceci à haut niveau.
Pour en revenir à ce qui nous intéresse aujourd’hui, le parc va s’étendre sur plus de 175 hectares d’aménagements divers. Il n’y a actuellement aucun équipement de cette taille au nord de Paris et notre Parc paysager des Rives de l’Aa sera le seul équipement du
Nord-Pas-de-Calais homologué, capable d’accueillir les championnats du monde d’aviron, de canoë kayak ou de triathlon.
Comment se situe t-il au niveau européen ?
Il existe d’autres équipements de jauge similaire en Europe, mais notre spécificité tient en la qualité de la réalisation, avec notamment l’édification d’une butte paysagère de 15 mètres de haut et 60 mètres de large permettant d’être protégé des rafales de vent fréquentes à proximité du littoral dunkerquois et extrêmement gênantes dans le cas de la pratique de l’aviron par exemple. La qualité de l’eau d’adduction qui émane de la nappe phréatique fait également partie intégrante du cahier des charges de ce parc.
Comment va se financer ce projet ?
Le coût du parc représente 29 millions d’euros, ceci sans compter les acquisitions foncières déjà effectuées.
Concernant le volet abondements, nous avons déjà obtenu de l’Etat, un million d’euros ; du Conseil Général, 2 millions ; de la Région, 3 millions ; Electricité De France nous octroie également 3 millions, mais à titre de compensation ; Lille Métropole Communauté Urbaine verse la même somme qu’EDF ; l’Europe, via le fond de développement régional « FEDER », assure la couverture à hauteur d’1 million d’euros ; les fonds propres du Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple, le SIVOM de l’Aa, Etablissement Public de Coopération Intercommunale, assurent un financement à hauteur de 1,5 millions ; les entreprises privées partenaires abondent pour environ 1 million… ; l’ensemble des financements mis bout à bout représentant à l’heure actuelle 17,5 millions d’euros, soit un taux de couverture du besoin de financement de plus de 60 %. Il reste donc 11,5 millions à financer par un emprunt sur 30 ans.
Comme vous le remarquez, nous avançons maintenant extrêmement rapidement, avec pour idée fixe d’être prêt pour 2011. Les premiers coups de pelle ont déjà retentis et c’est le groupe de travaux publics Eiffage qui a remporté l’appel d’offres. Il est à relever que cette entreprise réalise également le grand stade de Lille, ainsi que le grand parc nautique de Gravelines.
On l’aura compris, le Nord-Pas-de-Calais pêche par un retard considérable concernant ses équipements sportifs et le Président de la Région, M. Daniel Percheron, l’a parfaitement intégré dans sa politique de mise à niveau de l’infrastructure, dans une perspective de levier du développement économique régional.
Y-aura-t-il des partenaires privés associés plus avant à ce projet ?
Effectivement. Actuellement, je recherche des investisseurs hôteliers car ils font cruellement défaut sur le littoral. Ils viendront en diversification de l’offre sur place, pour un projet final somme toute colossal, requalifiant et réunissant à nouveau le bassin de l’Aa et le tourisme fluvial.
Avez-vous d’autres projets ?
J’ai effectivement d’autres projets en germe, centrés sur Gravelines et la mettant à l’honneur. Un premier concerne la centrale nucléaire, la plus importante d’Europe en terme de génération d’énergie, neutre sur l’effet de serre, il est important de le préciser ; un second a trait au basket, Gravelines apparaissant comme une ville phare en la matière puisque notre club, le BCM, se situe dans les quatre premiers du championnat de France ProA.
Sur un autre registre, plus politique, que pensez vous de l’élection de Mme Martine Aubry en tant que Première Secrétaire du PS ?
C’est la candidate que j’ai soutenue, à la fois dans ma section de Gravelines, mais aussi sur le littoral nord où j’étais porteur de sa motion. Je suis très heureux qu’elle soit Première Secrétaire du PS car elle est capable d’organiser le parti socialiste, capable de le structurer et de faire en sorte que nous soyons en ordre de marche pour les élections législatives et les présidentielles de 2012. Elle va réussir à faire la synthèse des différents courants, ayant en effet des capacités de travail impressionnantes, mais également des capacités d’écoute et une reconnaissance certaine dans le parti.
Quel vent nouveau peut elle apporter au PS ?
Elle a bien compris qu’il fallait renouveler et surtout rajeunir l’encadrement du parti et pour ce faire, elle a favorisé l’émergence, la prise d’autonomie et de responsabilités des jeunes talents. Parité, diversité, elle a bien capté cette tendance de fond. De surcroît, Martine Aubry incarne la réussite à Lille, surtout au niveau de sa capacité à fédérer les bonnes volontés.
Lille 2004, Lille 3000, le grand stade, il fallait oser s’atteler à de tels chantiers, même si Martine Aubry et Pierre Mauroy, c’est une « dream team » !
Sa brillante réélection est un témoignage politique de ses capacités et elle est donc bien partie pour structurer le parti et le rassembler car, lieu commun du combat politique, tout parti ne peut raisonnablement envisager la victoire aux élections s’il mène la bataille en ordre dispersé.